Modibo Keita

Une figure africaine marquante

L'homme

Qui était Modibo Keita ?

L'héritage

L'empire légendaire

Le président

Un peuple, un but, une foi

Le militant

Anti-colonialisme, panafricanisme, non-alignement

Extraits de discours

Page d'accueil Fédération du Mali Documents sonores Vidéos Photos Contact Vos commentaires

Soutiens aux mouvements de libération nationale

"Le Mali décidé à tout. ..."

« Le Mali décidé à tout, fervent et brutal, cohérent et singulièrement acéré, étendait la tête de pont et ouvrait de précieuses perspectives » [Frantz Fanon (1)]
Cette analyse de Frantz Fanon souligne l'engagement du Mali de Modibo Keita aux côtés des mouvements de libération nationale et d'émancipation des peuples. Un engagement que Modibo keita réaffirma le 30 mai 1962 au grand palais du Kremlin à Moscou, en ces termes :
« Le Mali ne saura considérer sa mission comme accomplie tant qu'un seul pouce du sol africain sera occupé par les colonialistes avides. »

Modibo Keita et le président algérien, A. Ben Bella

On peut rappeler le soutien matériel du Mali aux combattants algériens du F.L.N (2) en lutte pour leur indépendance. Ce soutien créa d'ailleurs des "frictions" entre le Mali et la France et était un sujet de divergence entre Modibo Keita et L. S. Senghor au sein de la fédération du Mali
En juin 1960, la « rénovation » de la Communauté provoqua son éclatement, par le revirement de Félix Houphouët-Boigny. Seul le Mali de Modibo Keita embrassa franchement la cause algérienne, offrant même son territoire pour ouvrir un nouveau front saharien. Les autres États issus de la Communauté, réunis à Abidjan en octobre et à Brazzaville en décembre, proposèrent une médiation que le GPRA (3) jugea "inopportune."

Sur le problème du Congo la position de Modibo comme de Nkrumah était de s'opposer aux interventions étrangères. Avec Ben Bella, Nyerere, Nasser, Kenyatta et Sekou Touré il a essayé de sauver la révolution Zaïroise. L'algerien Ben Bella qui évoquait le souvenir de Che Guevara dans les colonnes du monde diplomatique écrit :

Patrice Lumumba

« Parallèlement à l'action du "Che", nous menions une autre action pour le sauvetage de la révolution armée de l'Ouest du Zaïre. En accord avec Nyerere, Nasser, Modibo Keita, N'Krumah, Kenyatta et Sekou Touré, l'Algérie apportait sa contribution en envoyant des armes via l'Égypte à travers un véritable pont aérien, tandis que l'Ouganda et le Mali étaient chargés de fournir des cadres militaires. C'est au Caire, où nous étions réunis que nous avions conçu ce plan de sauvetage et nous commencions à l'appliquer lorsqu'un appel désespéré nous fut adressé par les dirigeants de la lutte armée. Malheureusement, malgré nos efforts, notre action intervint trop tard et cette révolution fut noyée dans le sang par les assassins de Patrice Lumumba. »

Antoine Gizenga

Belle époque pour l'Afrique : une époque pleine de promesses et d'espoirs. Une époque, où la solidarité des peuples dans la lutte pour leur émancipation n'était pas un vain mot.

Après l'assassinat de Lumumba, en 1960, Modibo Keita apportera son aide à Antoine Gizenga : Dès Février 1961, le gouvernement de Bamako reconnaît non seulement le GPRA (Gouvernement provisoire de la révolution algérienne) mais aussi le gouvernement congolais installé à Stanleyville (Kisangani) par Antoine Gizenga.
En 1964, le président zaïrois Tshombé demande à rencontrer Modibo Keita pour, selon le président malien, "s'engager à se racheter" en libérant les nationalistes emprisonnés ainsi que leur leader (A. Gizenga). Selon Modibo Keita, Tshombé avait également pris l'engagement, à l'occasion de leur l'entretien à koro, de réaliser " la réconciliation et l'élimination des interventions étrangères " au Congo-Léopoldville (Zaïre).
" Mais les événements se sont déroulés autrement " constate le leader malien.

Le Mali fut le premier État africain à être officiellement représenté à Stanley-ville auprès du gouvernement des " lumumbistes ".

Outre les nationalistes du Congo et le F.L.N d'Algérie, Modibo Keita apporta son aide aux mouvements de libération en Angola, au Mozambique et en Guinée-Bissau. IL ne ménagea pas ses efforts pour soutenir les militants anti-apartheids en Afrique du Sud.

Ernesto "Che" Guevara au Mali, en compagnie de Madeira Keita, le ministre de la justice de Modibo Keita

Sous la direction de Modibo Keita, le Mali était devenu un haut lieu du nationalisme africain où se rendait la plus part des leaders nationalistes du continent et d’ailleurs. Ainsi entre 1960 et 1967, Modibo Keita reçu, notamment, les visites de : Nelson Mandela de l’Afrique du sud, Ben Bellah et Abdel Aziz Bouteflika d’Algérie, Gamal Abdel Nasser d’Egypte, Antoine Gizenga du Congo, Le maréchal Tito de la Yougoslavie, Chou En-Lai de la Chine, et aussi, la plupart des dirigeants de la Swapo du Sud-ouest africain (Namibie), des Mouvements de Libération d'Angola, du Mozambique, du Cap-Vert ou de la Guinée-Bissau.

En Décembre 1965, le Mali rompt ses relations diplomatiques avec Londres pour condamner l’attitude anglaise dans l’affaire de l’indépendance de la Rhodésie du Sud, proclamée unilatéralement par la minorité blanche de ce territoire

De même, Modibo Keita a soutenu activement Hô Chi Minh dans la guerre de libération du Viêt-Nam.
Car, qu'ils soient d'Afrique, d'Asie, ou d'Amérique-latine, Modibo Keita était de tous les combats d'émancipation des opprimés.

Voilà ce que Modibo Keita disait à propos de cet engagement :

« Partout où l'homme africain, l'homme tout court, était asservi, bafoué, notre Parti n'a pas recherché la criminelle médiation ; c'est résolument qu'il a porté aide à nos frères opprimés. Cette netteté dans nos positions, cette constance et cette fidélité, nous ont valu (et ce sera notre bonheur) la confiance de tous les patriotes africains au combat qui, demain comme aujourd'hui, trouveront chez nous le constant soutien qu'ils sont en droit d'exiger des frères engagés que nous sommes.»

Soutien au Viet-Nam en guerre :

De gauche à droite : le général Giap, Hô Chi Minh et Modibo Keita .


Renvois :
(1) : FRANTZ FANON :l'auteur des "damnés de la terre" demeure l'un des principaux théoriciens de l'anticolonialisme, de la libération de l'Afrique et, plus largement, du tiers-monde.

(2) : Le FLN ( Front de libération nationale) est un parti politique algérien, créé en novembre 1954 pour obtenir de la France l'indépendance de l'Algérie.

(3) : Le GPRA ( Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) est le bras politique du Front de libération nationale (FLN)

Ecrire un commentaire

Ecrire un commentaire