Modibo Keita

Une figure africaine marquante

L'homme

Qui était Modibo Keita ?

L'héritage

L'empire légendaire

Le président

Un peuple, un but, une foi

Le militant

Anti-colonialisme, panafricanisme, non-alignement

Extraits de discours

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Deux siecles de prospérité

Le pays de l'or

L'empire du Mali va connaître deux siècles de prospérité grâce à sa puissante armée, son organisation sociale et administrative, son or, l'abondance de ses ressources agricoles, le dynamisme de son commerce et la qualité de ses échanges culturels.
La première force de l'empire était la diversité des ethnies qui le peuplaient : Malinkés, Bambaras, Peuls, Wolofs, Toucouleurs, etc... Le territoire était divisé en provinces situées tout autour de la capitale établie à Niani. A la tête de chaque province, se trouvait un 'Farin' qui la gouvernait et prélevait les impôts. Outre l'organisation du commerce et l'intense activité artistique, ce qui frappait le visiteur étranger, c'était la paix et la sécurité qui régnaient dans tout l'empire. Chose incroyable à cette époque moyenâgeuse où les pillards les pirates et les voleurs sévissaient un peu partout à travers le monde. Pendant que l'esclavage etait en pleine expansion, le "grand Soundiata" organisa des brigades antiesclavagistes.

Bien avant la proclamation des droits de l'homme :

Autre œuvre extraordinaire du souverain malien : le “Donsonlu kali kan” (le serment des chasseurs). Il s'agissait d'une charte de vie commune, " charte du Mandé "(1), un modèle des Droits de l'Homme qui a précédé de plusieurs siècles la Proclamation universelle des droits de l'homme de 1789 en France.
La "Charte du Manden" est aussi appelée la "Charte de Kouroukan Fouga" en référence au site où elle fut proclamé en 1236. Cette déclaration "africaine" des droits humains énoncait notamment : “ Aucune vie humaine n'est plus respectable qu'une autre ”. Une foi en l'homme et un respect de la vie humaine, à peine imaginable en plein moyen âge :

Afficher la charte du Mandé

L'or extrait des mines de Bouré, Bambouk ou Galam valut à l'empire un grand prestige. Mais sa richesse provenait surtout d'un commerce florissant. Les routes étant sûres, les échanges avec les marchands arabes se mirent à prospérer. A l'intérieur, fonctionnait une efficace organisation commerciale. Les richesses et les potentialités de chaque région étaient exploitées: L'Ouest produisait surtout les denrées alimentaires, le fer provenait essentiellement du centre, Les pays du Nord fournissaient le sel, du coton ou de l'huile de karité. Au Sud dans les forêts, on s'approvisionnait en ignames, noix de kola et autres tubercules. A cette époque, tout comme en Europe, la population du Mali avait surtout une activité agricole, l'empire produisait du mil, du fonio, du sorgho ou du riz en grandes quantités. L'élevage aussi y était pratiqué avec succès et les sujets du " Mansa " étaient bien nourris.
Soundiata Keita mourra noyé vers 1255. Plusieurs de ses fils lui succédèrent : Ouali, Mansa wullen (vers 1255 - vers 1270), Ouati (vers I270 - vers 1274), Khalifa (vers 1274 - vers 1275). Puis ce fut le tour du petit-fils de Soundiata, Abou Bakr (vers 1275 - 1285). Tous ces successeurs ne laissèrent pas beaucoup de souvenir, n'étant guère des grands rois. C'est sans doute pour cela qu'un usurpateur du nom de Sakoura s'emparera du pouvoir et régna de 1285 à 1300. Quinze années pendant lesquelles cet ancien général de l'armée malienne va consolider la puissance de l'empire. Il sera tué sur la route de son retour de la Mecque.

Bien avant Christophe Colomb... :

Les descendants de Soundiata Keita purent retrouver le pouvoir après la mort de Sakoura : Ce fut d'abord son fils Gao (vers I300-I305), puis le fils de ce dernier, Mohammed ibn Gao (vers I305-I3I0), enfin son neveu Aboubakar II (vers I3I0-I3I2).
Ce dernier, deux siècles avant Christophe Colomb, curieux de connaître les limites de l'Océan, y lança une expédition de 200 pirogues. Suite à l'échec de l'opération (une seule pirogue était revenue), le souverain fit équiper 2 mille autres pirogues chargées de vivres et d'eau . Il s'élança à son tour, laissant le pouvoir à son fils, le futur Kango Moussa.
Aucune des embarcations ne revint. Ainsi Aboubakar-2 est mort, victime de cette curiosité qui fut souvent à l'origine des grandes découvertes.

Un empire flamboyant :

L'empire du Mali va atteindre son apogée sous le règne de Kango Moussa (1312-1337), plus connu sous le nom de Mansa Moussa. Les historiens arabes racontent le fastueux pèlerinage qu'il effectua à la Mecque en 1324 : une escorte qui comptait entre 15 000 et 60 000 hommes qui emportait avec elle 10 à 12 tonnes d'or qu'elle distribuait à pleines poignées. Au point que le cours du métal précieux chuta pendant 10 ans.

Une architecture d'un genre nouveau inventée vers le XVème siècle dans l'empire du Mali

griots de l'empire

A son retour de la Mecque, Mansa Moussa engagea des astronomes, des mathématiciens et surtout des juristes et des hommes pieux dont certains seront installés à Tombouctou qui va devenir un centre intellectuel.
C'est à cette période que fut inventée au Mali une architecture d'un genre nouveau qui utilise le banco et des armatures en bois.
Il est à noter que l'empire du Mali qui connaissait l'écriture, puisque les secrétaires de l'empereur écrivaient régulièrement aux souverains étrangers, lui préféra la tradition orale.

Ibn Battuta décrit la cour impériale du Mali :
" Certains jours, le sultan tenait audience dans la cours du palais sous un arbre. Il était assis sur une estrade recouverte de tapis de soie, et surmontée d'une ombrelle de soie, couronnée d'un oiseau en or. Le sultan porte une coiffe en or. Il est vêtu d'une tunique de velours rouge confectionnée dans de précieux tissus venus d'Europe. Il est précédé de musiciens dont les guitares sont en or et en argent. Derrière lui, 300 esclaves soldats. ”
Extrait de récit de voyage (Rihla) [Ibn Battuta].

Les successeurs de Mansa Moussa furent successivement : Mansa Maghan (1337-I34I), Mansa Souleiman, frère de Mansa Moussa (vers I34I-I360), son fils Kassa (vers I360), Mari Diata II, fils de Mansa Maghan(vers I360-1374), son fils Moussa II (vers 1374-1387), Magha II (vers 1387-1389), et l'usurpateur Sandaki (vers 1389-I390).
Tous ces rois n'étaient pas toujours soucieux de la gestion des deniers de l'empire et les impôts devenaient écrasants.

Après la mort de Mansa Soulemane, des querelles et l'anarchie affaiblirent le pouvoir des Mansa. Des régions s'émancipèrent. A la fin du Xe siècle, après les attaques des Mossi, des Touareg et des Songhaï, le Mali est réduit aux pays de l'ouest. Entre le XVIe et XVIIe siècle, les Bambara sous le règne de Biton Coulibaly vont ramener le Mali à ses dimensions d'origine.

LE ROI BITON COULIBALY  (images extraites du film "LES ROIS DE SEGOU")


Renvois :
(1) : La charte du Mandé (ou Manden) a été transmise par voie orale. Il n’en existe pas de traces écrites. Le texte décrit ici provient des travaux menés dans les années 1970 avec le griot Wa Kamissoko.