Haut

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash




AMEMOK

MÉMORIAL

FRANC MALIEN

MÉDAILLÉES

LIVRE D'OR

LIENS

CONTACT

Mentions légales
Anti-colonialisme, panafricanisme,
non-alignement
« Le Mali décidé à tout, fervent et brutal, cohérent et singulièrement acéré, étendait la tête de pont et ouvrait de précieuses perspectives »
Frantz Fanon

barre
bouton
La quête de l'indépendance
et de l'émancipation.



Samory Touré
Samory Touré
LA FORCE NOIRE :

Des centaines de milliers d’africains furent arrachés à leur famille pour être enrôlés de force dans l’armée du colonisateur et servir les intérêts de ce dernier. Ces africains, appelés "tirailleurs sénégalais" étaient "recrutés" dans l’ensemble des colonies françaises.
Sur les champs de bataille ils étaient souvent envoyés en première ligne. Peut être parce que dans son livre, "La Force Noire", le Général français Mangin, écrit notamment :
"les Africains ont un système nerveux moins développé et donc moins sensible à la douleur".

Entre 1914 et 1918, 180 000 "tirailleurs sénégalais" vont combattre en France. Plus de 30 000 vont y mourir.
Jusqu’en 1962 ils interviendront successivement au Maroc, en Syrie , en France, en Tunisie, au Tchad et en indochine.

Après deux décennies de combat, les troupes coloniales françaises réussirent finalement à conquérir le Soudan. La bravoure et la résistance opiniâtre des hommes comme El Hadj Oumar Tal, Samory Touré, Tiéba, Babemba (pour ne citer que ceux-là) n'ont pas suffi à compenser le déséquilibre des forces. Les soudanais vont payer très cher leur défaite : Enrôlés de force (comme « tirailleurs sénégalais ») pour défendre la liberté des français pendant la guerre 14-18, beaucoup de soudanais perdirent la vie. D'autres, victimes du travail forcé obligatoire instauré par le colonisateur, périrent sur les chantiers des grands travaux comme la construction du chemin de fer Dakar/Niger ( voie de pénétration et de pillage des colonies ).

Face à l'exploitation et à l'humiliation, la révolte ouvrière et paysanne va peu à peu s'organiser : Révolte bamanan de Diossé Traoré en 1915, celle des cheminots de Toukoto en 1919 ou encore celle de Kayes.
Ces luttes sont souvent férocement réprimées.
En 1921 le mouvement des cheminots sous la direction de Tiémoko Garan Kouyaté entraîna la déportation ou l'exil des "meneurs".
Ce n'est qu'après 1936 que les premiers syndicats sont autorisés avec beaucoup de restrictions.
Mais c'est vers les années 1944/1946 que la lutte syndicale s'organise. En 1944, l'ivoirien Félix Houphouët-Boigny fonde le Syndicat Agricole Africain.
Le 5 avril 1946, le palais Bourbon, à Paris, vote la fin du travail forcé des travailleurs africains. Ceux-ci avaient pris conscience de leur force et étaient décidés à lutter pour améliorer leurs conditions de vie. Ils vont se doter d'une structure politique à la mesure de leurs ambitions : Le R.D.A. (Rassemblement Démocratique Africain.).
Ce parti devait réaliser l'union des partis politiques des territoires français d'Afrique noire, et constituer ainsi un moyen de pression efficace contre l'autorité coloniale. Le congrès constitutif du R.D.A. eut lieu à Bamako du 18 au 21 octobre 1946 dans l'enthousiasme général. Il y avait là, 800 délégués de différents pays : Côte-d'Ivoire, Guinée, Sénégal, Dahomey, Niger, Soudan, Cameroun et Tchad.

Congrès RDA
Le congrès constitutif du R.D.A. eut lieu à Bamako en octobre 1946 dans l'enthousiasme général.


Dès le 22 octobre 1946 un congrès donnait naissance à l'U.S.R.D.A. (Union Soudanaise R.D.A.), la section soudanaise du R.D.A. Ce parti est issu de la fusion de trois autres : le "Bloc soudanais" de Mamadou Konaté, le "Parti démocratique" de Modibo Keita et une partie dissidente du P.S.P. (Parti soudanais progressiste) de Fily Dabo Sissoko. Ce dernier, homme de lettres reconnu, croyait au devoir de civilisation de la colonisation. Le P.S.P. était le principal rival politique de l'U.S.R.D.A. Il était qualifié par ses adversaires, de "parti de la collaboration" et accusé de bénéficier de l'assistance bienveillante de l'administration coloniale.

Modibo Keita
MODIBO KEITA :
"Une épine dans le pied du colonisateur "
Mamadou Konaté est élu président de l'U.S.R.D.A. C'était un homme respecté, intellectuellement intègre et d'une grande sagesse. Modibo Keita, lui, devient secrétaire général du parti.

De retour à son poste d'instituteur à Sikasso, Modibo Keita va mener sur le terrain une lutte politique qui va lui attirer les foudres de l'administration coloniale.
Parlant de Modibo Keita, le gouverneur français Louveau disait :
«Un illuminé intelligent, que j'estime dangereux. Le directeur du cours des moniteurs de Sikasso a réussi à avoir une autorité quasi absolue, un ascendant personnel incontestable sur les anciens tirailleurs, sur une partie des fonctionnaires et sur une portion importante de la population. ... Modibo Keita emploie cet ascendant à désagréger les chefferies indigènes et à combattre par tous les moyens l'autorité de l'administration française ... Continuellement, il provoque ou exploite des incidents pour diminuer l'autorité de notre administration.»

DEUX "GRANDS" MILITANTS NATIONALISTES DU RDA

LE RIVAL POLITIQUE

Mamadou Konaté Aoua Keita Fily Dabo Sissoko

Mamadou konaté :
Le respecté président de l'US-RDA

Aoua Keita :
Une sage-femme dévouée, une militante déterminée

Fily Dabo Sissoko :
le leader du P.S.P. : mouvement conservateur


Modibo Keita
Modibo Keita
secrétaire général
de l'US-RDA
CONTRE L'ARRESTATION
DE M. KEITA

Dans une lettre adressée au Président du Conseil et datée du 27/02/1947, le député du Soudan Mamadou Konaté proteste contre l’arrestation et la condamnation à six mois de prison* de Modibo Keita par l’administration coloniale française.
Dans cette lettre M. Konaté justifie les actes de M. Keita qui, selon lui, ne fait que défendre les populations contre les violations de la loi du 6 Avril 1946 qui mettait fin au travail obligatoire des africains. Ces violations étant commises par les « chefs de cantons » avec la complicité de l’administration coloniale.

*
Modibo Keita sera finalement incarcéré pendant 20 jours à la prison de la Santé à Paris.

Mais ni la mutation de Sikasso à Kabara, ni la prison (à "la Santé") n'entamèrent la détermination et la popularité grandissante du secrétaire générale de l'U.S-R.D.A. Grâce à leur ténacité et à leurs connaissances du terrain et des lois, des militants nationalistes de l'U.S-R.D.A. résistèrent victorieusement à la répression coloniale. Ainsi, la militante Aoua Keita, empêcha l'administration coloniale d'influer sur les élections de 1951 à Gao. Cette sage-femme, éveilleuse de conscience, fut déclassée et affectée en Casamence. Malgré ces brimades , elle poursuivit, son activisme politique et syndical et influencera plusieurs générations d'Africaines.

Après la loi cadre ou "loi Gaston de Defferre" les événements vont se précipiter. Le R.D.A. est devenu une force incontournable grâce à la valeur de ses militants et à ses succès électoraux.
La marche des africains vers l'indépendance ne s'arrêtera plus.


bouton
La quête de l'unité africaine


Modibo Keita et l'U.S.R.D.A. avaient un souci : la balkanisation de l'Afrique.
Pour eux, il fallait faire l'unité africaine et former ainsi une grande entité face à l'Europe impérialiste et l'Amérique capitaliste.

Modibo Keita exprime sa
foi en l'unité africaine
Obtenir Adobe Flash Player

Au troisième congrès du R.D.A. Modibo reçu les congressistes venus des différents pays de l'A.O.F.(Afrique Occidentale Française), en ces termes :

« C'est à Bamako, au cœur du Soudan, que le R.D.A. a vu le jour en octobre 1946 alors que les forces réactionnaires bousculées par le souffle libérateur de la fin de la guerre , essaient de reprendre pied pour nous frustrer des libertés chèrement acquises avec notre large participation »

"OUI" pour une indépendance
dans une union confédérale.
Obtenir Adobe Flash Player

Penchant pour les thèses fédéralistes du leader nigérien Bakary Djibo qui préconise

« une indépendance dans une union confédérale d'États souverains réunis autour de la France », Modibo Keita appellera à voter "OUI" lors du référendum de 1958, au nom de l'unité africaine.
La réalisation de la fédération du Mali était l'aboutissement d'un rêve panafricaniste : Au départ il s'agissait de fédérer le plus grand nombre de territoire de l'A.O.F. La Côte d'Ivoire et le Niger (qui n'avait plus à sa tête Bakary Djibo) étaient antifédéralistes et étaient donc exclus. La Guinée était déjà indépendante (elle a répondu non au référendum). Il restait : le Sénégal, le Soudan, le Dahomey la Haute Volta et la Mauritanie.

Modibo Keite et Leopold Sedar Senghor
Modibo Keita se réconcilie avec
L. S. Senghor le senegalais

Finalement l'union se fera à deux : Soudan et Sénégal. Malheureusement, ce chef d'œuvre pionnier du panafricanisme qui souleva des espoirs immenses partout en Afrique et dans le monde ne durera pas longtemps.
Parmi les causes nombreuses de l'éclatement de la Fédération du Mali, on peut retenir, la divergence de conception politique et économique. Léopold Sédar Senghor était partisan du maintien des relations étroites avec l'ancien colonisateur tandis que Modibo Keita envisageait une africanisation accélérée des cadres et avait une position plus radicale.

Le 23 août 1960 Senghor déclarait :

« La colonisation a été plus brutale, plus dure au Soudan qu'au Sénégal. D'où un certain radicalisme soudanais...»

Modibo Keita de son côté, affirmait :

« Nous avons pendant longtemps violé notre conscience en travaillant avec Senghor. Nous ne pouvions continuer sur cette voie. ...»

Modibo Keita parle de ses ambitions
Obtenir Adobe Flash Player

L'éclatement de la fédération du Mali fut une grande déception. Le Soudan va accéder à l'indépendance sous le nom de "Mali" et la quête de l'unité africaine va continuer :

Signalons la participation du Mali à la création du Comité inter-Etats qui va devenir l'Organisation des Etats riverains du fleuve Sénégal puis, OMVS.


U.E.A. : "L'union des Etats africains" fut l’œuvre de trois figures marquantes de l'Afrique :

- Kwamé Nkrumah du Ghana,
- Sekou Touré de la Guinée et
- Modibo Keita du Mali.

Union des Etats africains
On se souvient aussi, de la fameuse union Ghana-Guinée-Mali : en Mai 1961, Le Guinéen Sékou Touré, le Ghanéen N’Krumah et le Malien Modibo Keita créent une Union des États africains « progressistes ». Un sommet réunissant les trois chefs d’État se tient en décembre à Conakry pour dénoncer la situation dans l’ancien Congo belge. Ces trois pays vont créer, avec l’Égypte de Nasser et le Maroc de Mohammed V, le « groupe de Casablanca » qui soutient le FLN algérien et s’oppose aux essais nucléaires français réalisés dans le Sahara.
OUA
En 1963 à Addis Abeba, ils étaient 31 chefs d'Etat, pères fondateurs de l'OUA, qui proclamèrent du haut de la tribune de l'Africa Hall , leur foi en l'unité de l'afrique.

Modibo Keita jouera un rôle de premier plan à la signature de la charte de l'Organisation de l'Unité Africaine (O.U.A.) à Addis Abeba le 25 mai 1963 ( Un grand nombre des recommandations de cette charte était d'inspiration malienne ).

Au service de cette unité africaine, Modibo Keita ne ménagera aucun effort pour résoudre les crises entre des pays voisins :

C'est ainsi que les 29 et 30 octobre 1963 il reçoit, à Bamako, le roi du Maroc, le président algérien et l'empereur d'Éthiopie ( alors président de l'O.U.A) pour mettre fin à la "guerre des sables" (conflit frontalier entre l'Algérie et le Maroc) : L'O.U.A venait alors de franchir sa première crise.

MODIBO KEITA OBTIENT UN CESSEZ-LE-FEU ENTRE L'ALGÉRIE ET LE MAROC A LA CONFÉRENCE DE BAMAKO :

Avant l’intervention de Modibo Keita, il y eu plusieurs tentatives de négociation infructueuses entre l’Algérie et le Maroc :

  • Le président tunisien, Habib Bourguiba, le premier, tente, en vain, d'établir un dialogue entre les belligérants.
  • Du 15 au 17 octobre 1963, l'empereur éthiopien Hailé Sélassié, alors président de l'OUA, échoue dans sa tentative de médiation à Marrakech.
  • L’appelle de Gamal Abdel Nasser, président de la République arabe unie pour un sommet nord-africain n’aura pas plus de succès.
  • L’offre de médiation, lancée par la Ligue arabe, est également rejetée.
Modibo Keita parle de la conférence de Bamako sur le conflit frontalier entre l'Algérie et le Maroc
Obtenir Adobe Flash Player
Modibo_Keita_mediateur
Modibo Keita reçoit le roi Hassan II du Maroc qui vient participer à la conférence de Bamako avec le président algérien Ben Bella et l'empereur éthiopien Hailé Sélassié.
Signature du Cessez-le-feu
Ben Bella et Hassan II signent un
cessez-le-feu sous les yeux de Modibo Keita
.

C'est pour prémunir l'Afrique contre de telle crise que Modibo Keita insista, pendant le sommet de l'OUA, sur la nécessité de respecter les frontières issues de la colonisation afin de facilité la construction de l'unité africaine. Une recommandation, qui fut alors, inscrite dans la charte de l'organisation.

De 1963 à 1966 Modibo Keita normalisera les relations du Mali avec ses voisins mauritaniens, sénégalais, ivoiriens et voltaïques.
En Février 1963 : Le président mauritanien Mokhtar Ould Daddah rencontre à Kayes Modibo Keita et conclut avec lui un accord qui met fin aux différends frontaliers opposant les deux pays.
Le président sénégalais, Léopold Sédar Senghor, en recevant le leader malien à Dakar en décembre 1966 s'adressa à lui en ces termes :

«... Vous êtes un grand africain qui a joué dans nos conseils, singulièrement à l'Organisation de l'Unité Africaine, un rôle primordial, grâce à votre amour pour l'Afrique »

Hymnne du pionnier :
" c'est le jour de l'Afrique..."

Le panafricanisme était même consigné dans la Constitution malienne dont l'article 48 stipulait :
« La république du Mali peut conclure avec tout état d'Afrique des accords d'association ou de communauté comprenant l'abandon partiel ou total de souveraineté en vue de réaliser l'unité africaine »


bouton
«Non aligné» mais pas «non engagé»


Modibo Keita milite
pour le désarmement
Obtenir Adobe Flash Player

Conscient du fait que les pays nouvellement indépendants dans ces années 60, pouvaient être l'enjeu des disputes entre les grandes puissances, Modibo Keita, en homme de paix, joua un rôle déterminant dans le mouvement des non-alignés. Pour lui, les pays du tiers monde devaient devenir un groupe de pression au sein de la communauté internationale. On dit qu'il est l'inventeur de l'expression " non-alignement " (avant, on parlait de "pays non-engagés") :
En 1961 à la conférence de Belgrade, aux cotés des présidents Tito, Nasser, Nkrumah et autres dirigeants non-alignés, il déclarait :

« Nous voici donc réunis à Belgrade, à la conférence historique des pays non- alignés et je dois confesser que je préfère l'expression "Non-alignés" à celle de "non-engagés". Pour le Mali, le Non-alignement est synonyme de dignité, de personnalité et c'est pour cela, que notre peuple qui n'a jamais rien épargné pour conquérir sa liberté, refuse de se définir en fonction de tel ou tel pays, de tel ou tel Bloc. J'ai eu l'occasion de le dire partout, cela ne signifie pas que nous nous livrons à un jeu d'équilibre même momentané entre les grandes puissances, car cette pratique-là aboutit nécessairement à la perte de sa dignité, de sa personnalité, à la faillite. Le Mali n'a rien à voir avec un tel neutralisme qui refuse de s'engager même si l'objectivité, la logique et la morale l'exigent Mais il est un autre aspect, positif celui-là, qui est le reflet de notre sens des responsabilités sur tous les problèmes, d'avoir notre opinion, de la définir, sans nous inquiéter qu'elle coïncide avec celle de l'Ouest ou de l'Est. Ce sens de notre responsabilité nous amène à notre opinion entre les forces coloniales et néo-coloniales et les peuples subjugués, à une opinion entre les forces impérialistes ou anti-impérialistes ».

Sommet des non-alignés
La Conférence de Belgrade qui a réuni les leaders de 25 pays, consacre
en septembre 1961, la véritable naissance du Mouvement des "Non alignés".
Un mouvement qui se veut une "Troisième force" face aux USA et à l'URSS.


L'importance de l'apport de Modibo Keita dans la définition de l'action des pays du tiers-monde est indéniable. A l'issue de la conférence historique de Belgrade, ses paires lui confieront la mission de se rendre aux États unis pour expliquer au Président américain John F. Kennedy la position des non-alignés.

Modibo Keita recontre Kennedy


Mandaté par les pays non-alignés, MODIBO KEITA rencontre l'américain JOHN F. KENNEDY
Keita et Kennedy


Cette conception du non-alignement s'accompagna d'une multiplication des échanges entre le Mali et de nombreux pays de l'Est comme de l'Ouest : France, U.R.S.S., Chine, Yougoslavie, Égypte, Corée, Viêtnam, R.F.A., U.S.A. ...

Modibo Keita définissait ainsi la politique de coopération du Mali :

« La République du Mali ne repousse de coopération que celle qui s'appuie sur le paternalisme ou alors celle qui essaie d'intervenir directement dans les affaires intérieures du pays. Le neutralisme est une position délicate et difficile à maintenir : il nous vaut l'objet de pressions constantes... Les pays de l'Est ont été les premiers en des moments difficiles, à nous apporter leur coopération et leur assistance. Nous ne pouvons pas l'oublier ; nous ne voulons pas empêcher d'autres pays non plus de comprendre nos problèmes et essayer d'y apporter des solutions sans exiger de nous des contreparties ». 


bouton
Soutiens aux mouvements
de libération nationale.


Frantz FanonFRANTZ FANON :
l'auteur des "damnés de la terre" demeure l'un des principaux théoriciens de l'anticolonialisme, de la libération de l'Afrique et, plus largement, du tiers-monde.

« Le Mali décidé à tout, fervent et brutal, cohérent et singulièrement acéré, étendait la tête de pont et ouvrait de précieuses perspectives » (Frantz Fanon)

Cette analyse de Frantz Fanon souligne l'engagement du Mali de Modibo Keita aux côtés des mouvements de libération nationale et d'émancipation des peuples. Un engagement que Modibo keita réaffirma le 30 mai 1962 au grand palais du Kremlin à Moscou, en ces termes :
« Le Mali ne saura considérer sa mission comme accomplie tant qu'un seul pouce du sol africain sera occupé par les colonialistes avides. »

Modibo Keita et Ben Bella
Modibo Keita et le président algérien, A. Ben Bella

On peut rappeler le soutien matériel du Mali aux combattants algériens du F.L.N en lutte pour leur indépendance. Ce soutien créa d'ailleurs des "frictions" entre le Mali et la France et était un sujet de divergence entre Modibo Keita et L. S. Senghor au sein de la fédération du Mali. En juin 1960, la « rénovation » de la Communauté provoqua son éclatement, par le revirement de Félix Houphouët-Boigny. Seul le Mali de Modibo Keita embrassa franchement la cause algérienne, offrant même son territoire pour ouvrir un nouveau front saharien. Les autres États issus de la Communauté, réunis à Abidjan en octobre et à Brazzaville en décembre, proposèrent une médiation que le GPRA jugea "inopportune."

Sur le problème du Congo la position de Modibo comme de Nkrumah était de s'opposer aux interventions étrangères. Avec Ben Bella, Nyerere, Nasser, Kenyatta et Sekou Touré il a essayé de sauver la révolution Zaïroise. L'algerien Ben Bella qui évoquait le souvenir de Che Guevara dans les colonnes du monde diplomatique écrit :

Che Guevara et Madera Keita
Ernesto "Che" Guevara au Mali,
en compagnie de Madeira Keita, le
ministre de la justice de Modibo Keita

Patrice Lumumba« Parallèlement à l'action du "Che", nous menions une autre action pour le sauvetage de la révolution armée de l'Ouest du Zaïre. En accord avec Nyerere, Nasser, Modibo Keita, N'Krumah, Kenyatta et Sekou Touré, l'Algérie apportait sa contribution en envoyant des armes via l'Égypte à travers un véritable pont aérien, tandis que l'Ouganda et le Mali étaient chargés de fournir des cadres militaires. C'est au Caire, où nous étions réunis que nous avions conçu ce plan de sauvetage et nous commencions à l'appliquer lorsqu'un appel désespéré nous fut adressé par les dirigeants de la lutte armée. Malheureusement, malgré nos efforts, notre action intervint trop tard et cette révolution fut noyée dans le sang par les assassins de Patrice Lumumba. »

Antoine GizengaBelle époque pour l'Afrique : une époque pleine de promesses et d'espoirs. Une époque, où la solidarité des peuples dans la lutte pour leur émancipation n'était pas un vain mot.

Après l'assassinat de Lumumba, en 1960, Modibo Keita apportera son aide à Antoine Gizenga : Dès Février 1961, le gouvernement de Bamako reconnaît non seulement le GPRA (Gouvernement provisoire de la révolution algérienne) mais aussi le gouvernement congolais installé à Stanleyville (Kisangani) par Antoine Gizenga.

“MATANGA YA MODIBO”:
Le célèbre orchestre congolais "AFRICAN JAZZ " de KALLE enregistra une composition musicale pour saluer "le combat de Modibo Keita au service de l''Afrique" : Une musique qui fit danser bon nombre de jeunes africains dans ces années 60.
Cliquez sur le bouton
ci-contre pour l'ecouter

En 1964, le président zaïrois Tshombé demande à rencontrer Modibo Keita pour, selon le président malien, "s'engager à se racheter" en libérant les nationalistes emprisonnés ainsi que leur leader (A. Gizenga). Selon Modibo Keita, Tshombé avait également pris l'engagement, à l'occasion de leur l'entretien à koro, de réaliser " la réconciliation et l'élimination des interventions étrangères " au Congo-Léopoldville (Zaïre).
" Mais les événements se sont déroulés autrement " constate le leader malien.

Le Mali fut le premier État africain à être officiellement représenté à Stanley-ville auprès du gouvernement des " lumumbistes ".

Outre les nationalistes du Congo et le F.L.N d'Algérie, Modibo Keita apporta son aide aux mouvements de libération en Angola, au Mozambique et en Guinée-Bissau. IL ne ménagea pas ses efforts pour soutenir les militants anti-apartheids en Afrique du Sud.

Sous la direction de Modibo Keita, le Mali était devenu un haut lieu du nationalisme africain où se rendait la plus part des leaders nationalistes du continent et d’ailleurs. Ainsi entre 1960 et 1967, Modibo Keita reçu, notamment, les visites de : Nelson Mandela de l’Afrique du sud, Ben Bellah et Abdel Aziz Bouteflika d’Algérie, Gamal Abdel Nasser d’Egypte, Antoine Gizenga du Congo, Le maréchal Tito de la Yougoslavie, Chou En-Lai de la Chine, et aussi, la plupart des dirigeants de la Swapo du Sud-ouest africain (Namibie), des Mouvements de Libération d'Angola, du Mozambique, du Cap-Vert ou de la Guinée-Bissau.

Modibo Keita à propos de la Rhodésie :
Obtenir Adobe Flash Player

En Décembre 1965, le Mali rompt ses relations diplomatiques avec Londres pour condamner l’attitude anglaise dans l’affaire de l’indépendance de la Rhodésie du Sud, proclamée unilatéralement par la minorité blanche de ce territoire.

De même, Modibo Keita a soutenu activement Hô Chi Minh dans la guerre de libération du Viêt-Nam.
Car, qu'ils soient d'Afrique, d'Asie, ou d'Amérique-latine, Modibo Keita était de tous les combats d'émancipation des opprimés.

Voilà ce que Modibo Keita disait à propos de cet engagement :

« Partout où l'homme africain, l'homme tout court, était asservi, bafoué, notre Parti n'a pas recherché la criminelle médiation ; c'est résolument qu'il a porté aide à nos frères opprimés. Cette netteté dans nos positions, cette constance et cette fidélité, nous ont valu (et ce sera notre bonheur) la confiance de tous les patriotes africains au combat qui, demain comme aujourd'hui, trouveront chez nous le constant soutien qu'ils sont en droit d'exiger des frères engagés que nous sommes.»

Modibo Keita au Vietnam
Soutien au Viet-Nam en guerre :
De gauche à droite : le général Giap, Hô Chi Minh et Modibo Keita .

barre

A lire :
La politique africaine de Modibo keita” sur memorialmodibokeita.org

 

Djibo Bakary (1922 - 1998)
Homme politique nigérien, grande figure des mouvements d’indépendance de l’AOF.
Du 20 Mai 1957 à 14 Décembre 1958, il a occupé le poste de Vice Président du Conseil du Gouvernement.
Du 26 Juillet 1958 au 10 Octobre 1958, il fut le Président du Conseil de Gouvernement du Niger. Il fut remplacé par Monsieur Hamani Diori qui conduisit le Niger à l'indépendance en 1960.
Le FLN ( Front de libération nationale) est un parti politique algérien, créé en novembre 1954 pour obtenir de la France l'indépendance de l'Algérie.
Le FLN ( Front de libération nationale) est un parti politique algérien, créé en novembre 1954 pour obtenir de la France l'indépendance de l'Algérie.
Aoua Keïta (1912 – 1980).
Elle fut l’une des premières sages-femmes africaines.
Dès 1946, elle milite au sein de l’US-RDA.
En 1957, elle fonde un Mouvement intersyndical féminin et est élue au bureau des Syndicats des travailleurs du Soudan.
Son militantisme aura comme conséquence ses multiples mutations pour raisons disciplinaires.
En 1958, elle est élue au Bureau politique de l'US-RDA dont elle est la seule femme.
En 1959 elle est élue député.
Aoua Kéita a été honorée de plusieurs distinctions:
- Médaille d'or de l'indépendance du Mali,
- Ordre de la Perfection de la République arabe unie (RAU);
- Mérite de la Croix-Rouge de l'Ethiopie;
- Grand Officier de l'Ordre National du Sénégal;
- Grand Commandeur de l'Ordre de l'étoile d'Afrique du Libéria;
- Officier de l'Ordre National du Dahomey .
SISSOKO Fily-Dabo (1900-1964)
Ecrivain celèbre. Membre de la première et de la seconde Assemblées nationales constituantes (Soudan) Député du Soudan de 1946 à 1958 Sous-secrétaire d’Etat à l’industrie et au commerce du 5 au 11 septembre 1948.
Leader du PSP, parti d’opposition au RDA.
Il était aussi, membre de la franc-maçonnerie
Mamadou Konate (1897-1956) :
Député du Soudan, président de l'U.S.R.D.A. fut le premier africain à exercer la fonction de vice-président à l'Assemblée Nationale française.
Avant d’être assassiné par les nazis en 1942, Tiemoko Garan Kouyate, un des précurseurs du panafricanisme fut un fervent militant de la cause africaine durant les années 30-40. Il a animé à Paris la Ligue universelle pour la défense de la race nègre. Il fut aussi l'éditeur de la revue "Race nègre", puis, "Le Cri des Nègres" .
---------------------------------------------
« A Paris, il avait toujours habité des chambres glaciales.
Enfant du Mali, il trouva façons pour garder le cœur chaud.
Toute larme faisait saigner son cœur, toute souffrance faisait gémir son corps.
Quand Hitler vint, Comme un brave il lui montra ses poings.
Des poings gands comme une grosse insulte.
Dans un camp nazi on gratta son corps parcelle à parcelle
Jusqu’à ce que mort s'ensuive
. »

[David Gakunzi]
GPRA ( Gouvernement Provisoire de la République Algérienne): Bras politique du Front de libération nationale (FLN)

Les Premiers dirigeants africains

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

«Les responsabilités historiques des dirigeants de l'Afrique sont considérables. Les évènements leur donnent des moyens que très peu de continents offrent à leurs dirigeants. Ils seront aussi jugés avec beaucoup plus de sévérité que les autres »
[Seydou. B. Kouyaté]